Sharon et Arafat, obstacles à la paix

La Presse, 12 mars 2002

Depuis plusieurs semaines, l’impression est que chaque jour fait franchir une étape encore plus meurtrière au cycle de violence au Moyen-Orient.

Vendredi, on déplorait la mort de 46 personnes dans des affrontements entre Israéliens et Palestiniens. Samedi, c’est 11 autres personnes qui ont payé de leur vie. La dynamique de violence fonctionne à plein, sans rien ni personne pour l’endiguer.

Pourtant, les solutions quant à la coexistence pacifique entre Israéliens et Palestiniens sont connues. En bref, reconnaissance explicite d’Israël de la part des Palestiniens et fin des attentats ; retrait progressif de l’État hébreu des territoires qu’elle occupe militairement, pour laisser la place à un État palestinien.

À l’évidence, ce qui empêche la reprise d’un véritable dialogue, c’est l’absence de confiance entre les parties. D’un côté comme de l’autre, aucun crédit n’est donné aux dirigeants actuels, tous deux de vieux guerriers habités des nombreux échecs du passé. Les Palestiniens honnissent Sahron, considérée comme un provocateur, et les Israéliens ont perdu tout espoir de voir Arafat faire autre chose que d’envenimer une atmosphère déjà surchargée.

À moins d’un départ prochain du tandem Sharon-Arafat, la poursuite de la violence semble, malheureusement, le seul avenir possible au Moyen-Orient. Un changement de leadership pourrait cependant améliorer rapidement la situation actuelle, empreinte de désespoir, et la faire évoluer vers des horizons moins sombres.

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