Musulmans et Arabes : parlez-nous !

Métro, 18 septembre 2001
Professionel au sein d’une société d’État, l’auteur est marié à une arabophone.

Déjà, il fallait s,en douter, la communauté arabe et musulmane implantée en pays occidentaux, y compris au Québec et à Montréal, se sent lourdement pointée du doigt suite aux attentats du 11 septembre. Injustement stigamtisés lors de l’attentat de l’Oklahoma, commis par un natif américain blanc d’extrême droite, les arabes et Musulmans sont cette fois intervenus en force, par la voie d eleurs leaders, pour rappeler avec fermeté la faussetté de l’équation Arabe = Musulman = terrorisme. Les leaders montréalais de ces communautés n’ont pas fait exception.

Leur intervention, ainsi que celle de nos leaders politiques, tous prompts à condamner toute forme de généralisation, est bien sûr fort bienvenue et a certainement contribué à calmer le jeu. Si bien qu’à part quelques manifestations de préjugés, il n’y a aucun acte de violence à déplorer.

Ces appels à la tolérance devront être maintenus. Pourquoi ? Car les médias, c’est bien normal, passent d’une description générale de l’horreur des attentats à des histoires de cas particuliers des morts et disparus et de l’immense souffrance de leurs proches. Déjà, nous voyons de plus en plus de scènes de pleurs et de vives douleurs occasionnées par ces attentats, d’où émergent chez les affligées et les téléspectateurs des sentiments de désarroi et de colère.

Voilà un bon test des valeurs et fondements de nos sociétés modernes et démocratiques. Chacun sait que nos sociétés prônent des idéaux d’ouverture et de tolérance et que ceux-ci, consacrés comme un des causes du développement accéléré de nos sociétés, sont même consignés en lois.

Mais, au-delà des prononcés de vertus, il faut rappeler que notre société a tout simplement besoin de l’apport de ces nouveaux venus pour assurer notre bien-être économique et social. C’est particulièrement le cas du Canada : un rapport fédéral rappelait récemment la pénurie de main-d’oeuvre, et le péril économique qui nous attend, si le pays n’ouvre pas davantage ses portes aux immigrants. L’immigration arabe et musulmane, en majorité instruite et entrepreneuriale, répond bien à ce besoin et doit donc être maintenue.

Bref, autant en termes de valeurs qui président à nos sociétés que de nécessité économique, nous devons rappeler à nos citoyens arabes et musulmans que le Québec est leur terre, et qu’ils on droit à la sécurité et à se sentir chez eux, comme tous les autres citoyens.

Aussi, au lieu de se replier comme certains dans une attitude par trop défensive, et de s’affairer à compter le nombre d’insultes reçus suite aux événements (de toute manière le fait d’une minorité), nos citoyens d’origine arabe et musulmane seraient mieux avisés d’aller vers les autres et leur montrer qu’ils partagent sans nuance l’indignation populaire.

Un conseil, donc, aux amis arabes et musulmans : ne tombez pas dans le piège de l’isolement, passez outre les préjugés, faites un pas vers vos voisins, amis, collègues et connaissances, bref, montrez que vous partagez avec tous le sentiment de douleur et votre désir de maintenir ici nos valeurs de respect et d’ouverture.

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