Baisse des actions et rêves assassinés

Bulletin MBA, mars 2003
Directeur de projets, Hydro-Québec International

S’il est un fait dramatique des dernières années côté économie, la baisse marquée des cours boursiers et leur impact funeste auprès de nombre d’investisseurs vient assurément au sommet de la liste.

Tout comme moi, vous avez rencontré des collègues, des proches ou des amis (si ce n’est vous-mêmes !) qui ont vu leurs projections de retraite dorée s’envoler littéralement en fumée.

Je me suis rappelé récemment comment l’un de mes meilleurs amis me signifiait avec délectation, presque à chaque mois, son imminente indépendance financière, dont l’arrivée était continuellement devancée grâce au rythme de la hausse frénétique du cours de ses actions : « Ce n’est plus dans sept ans, mon vieux, que je suis « libre », mais dans cinq ! ».

Depuis les derniers mois, ce sujet entre lui et moi est devenu tabou. Selon la dernière information transmise, ce n’est pas moins de 65 % de ses fonds de placement qui ont disparu dans les marécages capricieux de la bourse.

Les cas extrêmes sont mêmes visibles. Récemment, une connaissance d’affaires, avec laquelle je discutais pour un contrat de service, m’avouait, les larmes aux yeux, qu’elle avait tout perdu et qu’elle attendait son premier chèque de retraite pour payer son loyer. Toutes ses économies de 30 ans avaient disparu dans l’abime de l’oubli…en raison d’imprudents achats sur marge alimentés par l’euphorie boursière.

Les conséquences ? Il faudra quelques années avant que les petits investisseurs reprennent confiance dans la bourse et y placent leurs (dorénavant) maigres économies.

Cela veut dire une course plus difficile d’obtention de capital pour les entreprises ainsi que des temps moins glorieux pour les fonds d’investissement d’actions…et des horizons heureux pour les vendeurs d’obligations.

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