Des faits SVP

Magazine Courants, novembre-décembre 1991

Nous sommes tellement avides de porter des jugements et des opinions que, bien souvent, nous les considérons comme des faits, déplore l’ancien président d’ITT, Harold Geneen. Or, pour prendre des décisions éclairées, les gestionnaires ont besoin de faits.

Harold Geneen conseille aux gestionnaires de se méfier des faits apparents, des faits non vérifiés, des conclusions évidentes. Pour les déceler, il faut se demander si les faits présentés ne se fondent pas sur des postulats erronés, qui cachent des préférences et des jugements de valeur. Quand on vous présente un renseignement comme un fart, faites donc comme les journalistes professionnels : vérifiez-en la source, plutôt deux fois qu’une.

La fatigue interactionnelle
Souffrez-vous de fatigue interactionnelle? Le bulletin Le Médian, publié par l’ENAP, décrit ainsi quelqu’un aux prises avec cette affection : il ne veut plus voir personne, n’a le goût de parler à quiconque et n’a plus la force d’écouter qui que ce soit, y compris son partenaire ou ses amis. Ce mal touche surtout les personnes dont les fonctions exigent qu’elles aient des contacts fréquents et continus avec d’autres personnes. C’est le cas des médecins, des infirmières, des enseignants.

Les gestionnaires peuvent aussi en être atteints, en raison des nombreuses relations qu’ils doivent entretenir, avec leurs pairs, leurs employés, leurs supérieurs. La fatigue interactionnelle annonce souvent un burn-out. Il faut donc, au départ, prendre conscience du phénomène. Pour éviter les complications qu’elle sous-tend, il existe deux options. La première : réduire les contacts, en limitant la participation à des comités ou la durée des rencontres. Seconde option : se changer soi-même. Voilà qui est bien sûr plus long et plus difficile. Elle présuppose notamment de mieux se connaitre et d’être conscient de ses besoins.

 

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